Clivage vélo/voiture : le faux débat par excellence

Quand j'étais candidat aux législatives partielles à Boulogne-Billancourt (parachuté, c'était une partielle), j'ai vu, concrètement, à quel point le clivage entre voiture et vélo pouvait être radical.
La municipalité dénonçait l'agissement d'opposants EELV désignés non pas par leur étiquette mais par l'expression "pro-vélo". Ça m'a surpris. Comme si c'était l'incarnation d'un mal combattu. De l'autre côté, les expressions ne sont pas meilleures : "pro-voiture" bien sûr, mais aussi "autosolistes" (pour ceux qui roulent seuls dans leur voiture) et d'autres...
Dans ce type de ville - et Paris en fait bien évidemment partie - les opinions de ceux qui veulent défendre leur moyen de transport en faisant disparaître l'autre disposent d'une audience élevée et alarmante. Mais ceux dont on parle le moins, ce sont les piétons, dont je suis depuis mon arrivée dans la région en 2016, qui ont été exaspérés par l'attitude des automobilistes... et le sont aujourd'hui par celle d'une partie des cyclistes.
Allant au travail ou à des événements à vélo de temps en temps, j'étais à chaque fois sidéré d'être, à peu de choses près, le SEUL à ne pas griller les feux rouges. Piéton quand je travaillais près de la place de la République, j'étais excédé par ces cyclistes qui me frôlaient à plus de 20 km/h sans un pardon ni désolé ni merci. Des amis m'ont rapporté avoir été insultés. Le fameux "bouge ta caisse connard" aurait donc un enfant, "bouge ton cul connard".
Ce clivage entre vélo et voiture est fatiguant, délétère pour tout le monde et ne repose sur rien de sérieux. Les deux modes de transports sont indispensables selon les populations. Le premier est écolo, le deuxième peut le devenir si les bonnes politiques sont menées. Alors, pour Eaubonne, ce clivage, nous n'en voulons pas non plus. Un code de la route pour tous comme point de départ, et à partir de celui-ci, des dérogations sont possible si et seulement si elles font sens, comme le tourne-à-droite au feu rouge. Autant que possible, des espaces de circulation clairement délimités, des sens de circulation lorsqu'ils reposent sur le bon sens ce qui donnera naturellement sa place au vélo. Je préfère infiniment que tout Eaubonne n'ait pas de pistes cyclables partout mais que celles-ci soient claires, et donc sûres, idéalement séparées, plutôt que de rester sur la vraie fausse cohabitation fantôme actuelle. C'est une question de confiance, de respect, de sécurité, d'inclusion.
