Municipales à Grenoble : le sondage intéressant du Dauphiné libéré

05/02/2026

Grenoble, mis en avant par les Verts comme le laboratoire de l' "écologisme municipal", pourrait basculer après douze ans de règne du téméraire Piolle. On note les faits suivants :

  • la non-candidature du maire Piolle ouvre la voie à une recomposition politique, se matérialisant par une somme d'ambitions personnelles, logiques. Légitimes, sans doute aussi.
  • de cette recomposition politique découlent des choix d'alliances et des choix de cavaliers seuls. LFI, membre éminent de la majorité piolliste, part en autonomie. Le PS, adversaire historique des Verts locaux et détenteur de la mairie avant eux, se range finalement derrière la dauphine du maire "écologiste". Un scénario inédit qui fait nettement réfléchir les électeurs grenoblois du centre et du centre-gauche.
  • dans cette dernière année pré-présidentielles, Renaissance et Horizons se font face, comme pour savoir lequel capte le mieux l'électorat democrate et centriste. De son côté, Place Publique affirme les couleurs de la social-démocratie.

Qui sont les deux vainqueurs, en hausse par rapport aux derniers sondages ?

  • la municipalité en place, qui maintient la tête grâce à son statut de sortante et en dépit des retournements de vestes qui la composent
  • la candidature d'un homme toujours resté authentiquement LR, n'ayant jamais dévié vers la macronie ni vers la loterie idéologique du Rassemblement national. En effet, avec une campagne dynamique et claire sur le plan des idées, il parvient à passer de 20 à 25 % d'intentions de vote.

Le principal enseignement est donc le suivant : la clarté, même en situation de division des candidatures, est visiblement saluée et récompensée. C'est une bonne nouvelle pour un monde politique de plus en plus chaotique et repoussant aux yeux des électeurs. Alain Carignon a beau avoir le passé qu'on lui connaît, sa constance semble se voir récompensée à l'approche du vote. Les électeurs ont besoin de clarté, de positionnements tranchés, de percevoir dans les candidatures un avenir et une vision pour leur quotidien. Une candidature de revanche n'apporte rien. Une candidature motivée par le rejet des autres ne peut exister qu'à la condition de choisir, et de défendre avec adresse, son propre espace politique, et non en essayant de ravir celui d'autres potentiellement mieux placés pour le garder. Une alternative nécessite une vision sur le fond et à long terme, pour que chaque citoyen obtienne la réponse à sa question : "que va devenir ma ville avec son arrivée aux commandes ?"

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