Municipales : quid des reports de voix au second tour ?

Le report des voix va être très intéressant dans les villes où le PS et LFI ont fusionné.
Il était déjà intéressant en 2020 lorsque dans plusieurs villes (Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Colombes, Tours, Rouen...), LR et LREM avaient fusionné, et souvent perdu des villes importantes. Des électeurs ont pu fuir ces listes de deux manières :
- soit ils s'opposaient à la gestion LR et ont voté LREM au premier tour, et ont donc logiquement choisi une autre opposition au 2ème tour ;
- soit ils votaient avec enthousiasme pour un candidat républicain, mais, vivement opposés à Macron, s'en sont ensuite détournés.
Parfois, ces fusions ont été réalisées malgré une avance considérable en termes de voix au premier tour, et ont vu se constituer une véritable remontada de l'adversaire de gauche (souvent EELV, qui parlait à qui mieux mieux de "front anti-climat").
Cette année, les fusions PS-LFI vont permettre de prendre le pouls :
- des électeurs sociaux-démocrates : vont-ils se reconnaître dans l'union de la gauche, ou fuir la virulence d'un parti véhément sur les questions identitaires ?
- des électeurs insoumis : vont-ils louer une gauche réunie, ou refuser le rapprochement avec ceux qu'ils considèrent comme des traîtres à leur gauche ?
La vraie capacité de LFI à rassembler se joue dans la lecture des résultats de ce dimanche. Je note qu'à la suite des résultats du premier tour, à la notable exception de Roubaix, il a fallu des alliances pour que le parti l'emporte ou se hisse en tête. Leurs autres percées électorales se font avec l'appui de bons réseaux du PCF (Saint-Denis, La Courneuve, Bondy) ou EELV (Bagnolet). Ils peuvent rassembler, mais ils ont besoin de personnalités fortes pour prétendre à concourir seuls en espérant l'emporter.
